Preview Saison 2019/2020 : Le titre NBA pour seul objectif

Pour sa 50e année d’existence, les Trail Blazers veulent réaliser quelque chose de grand. Depuis quelques années, Damian Lillard a tout donné pour son équipe. La franchise veut lui rendre la pareille. Un bousculement d’effectif a été opéré pour permettre aux Blazers et Lillard, de croire au titre NBA.

 

Les Mouvements à l’Inter-Saison

 

Arrivées : Kent Bazemore, Hassan Whiteside, Mario Hezonja, Anthony Tolliver, Pau Gasol, Nassir Little (draft), Jaylen Hoard et Moses Brown (two-way contract)

Départs : Evan Turner, Al-Farouq Aminu, Maurice Harkless, Meyers Leonard, Jake Layman, Seth Curry, Enes Kanter

Prolongations : Rodney Hood, Damian Lillard, CJ McCollum

 

Fireworks. Au moment où cette expression sort de la bouche de Neil Olshey, on a du mal à le croire. On le sait, l’été est souvent calme dans l’Oregon. Ensoleillé contrairement à ce qu’on peut penser, mais calme. Avant même le début de la free-agency, le General Manager envoie Evan Turner à Atlanta en échange de Kent Bazemore. Portland récupère ainsi l’exact opposé de Turner, qui n’a jamais su trouvé sa place au sein du système de Terry Stotts. Bazemore fera valoir son shoot ainsi que sa défense au périmètre. Mais ceci n’était qu’une petite braise avant le véritable incendie de Neil Olshey. Seulement un jour après l’ouverture de la free-agency, la nouvelle tombe : Hassan Whiteside débarque à Portland. Un mouvement qui surprend tout son monde. Les Blazers avaient un besoin au poste de pivot avec la blessure de Jusuf Nurkic.  Whiteside a le calibre d’un starter NBA, quand il veut. Portland espère bien refaire de lui le joueur qu’il était, au moment de signer son contrat avec Miami.

 

Neil Olshey a ensuite continuer de maintenir son feu en vie à coup de petits ajouts. Mario Hezonja va enfin avoir l’occasion de jouer dans une équipe avec des ambitions. Anthony Tolliver continue son tour de la Ligue en ajoutant la ville de Portland sur sa carte. Enfin, last but not least, Pau Gasol nous fait l’honneur de venir disputer sa (probable) dernière saison à Portland. Certes, l’apport sera à priori faible sur le terrain mais le futur Hall-of-Famer fera partager son expérience victorieuse (deux titres NBA avec les Lakers), avec la jeune garde des Blazers.

 

Lors de la draft, les Blazers étaient détenteur du choix 25. Listé parmi les tout meilleurs prospects de la cuvée 2019, Nassir Little était encore disponible à ce moment-là. Portland n’a pas hésité à foncer sur ce joueur au profil physique monstrueux. Comme souvent, Neil Olshey a fait le choix d’un joueur au talent brut, à façonner sur le long-terme. Il est quand même difficilement imaginable que notre rookie puisse avoir du temps de jeu cette saison.

 

Le Roster

 

Meneur : Damian Lillard, Anfernee Simons

Arrières : CJ McCollum, Kent Bazemore, Gary Trent Jr

Ailiers : Rodney Hood, Mario Hezonja, Nassir Little, Jaylen Hoard

Ailiers-forts : Zach Collins, Anthony Tolliver

Pivots : Hassan Whiteside, Pau Gasol, Moses Brown

 

La base reste toujours la même. Portland va encore s’appuyer en grande partie sur son back-court Lillard/McCollum. En revanche, c’est le supporting cast qui va changer cette saison. Exit Aminu et Harkless, welcome Hood et Collins dans le cinq majeur. Arrivé en cours d’année dernière, Rodney Hood a grandement participé à la belle épopée des Blazers en playoffs. Il est en concurrence avec Kent Bazemore sur le poste. Hood bénéficie de sa connaissance de l’effectif et de sa plus grande taille pour briguer logiquement le poste de titulaire. Pour l’autre poste vacant du front-court, la confiance est accordée au joueur de 3e année Zach Collins. La véritable intrigue de Portland réside justement dans sa paire d’intérieurs : Hassan Whiteside – Zach Collins. Un duo à contre-courant de la NBA moderne avec des postes 4 de plus en plus mobile. Un couple très ambivalent par ses forces et ses faiblesses : la possibilité de sanctionner une équipe adverse plus petite d’un côté et la difficulté à défendre sur des ailiers rapides de l’autre, l’impact au rebond opposé au manque de mobilité. Terry Stotts devra faire preuve d’adaptation chaque soir pour s’ajuster à la composition de l’équipe adverse. Cette saison, le head-coach tente quelque chose de nouveau. Par le passé, ces essais ont souvent été transformés.

 

Pour la second unit, les hommes changent mais la style de jeu reste. Kent Bazemore et Mario Hezonja sont justement des joueurs qui aiment pousser le ballon et provoquer du jeu en transition. Bazemore par son sens de l’anticipation qui lui permet d’intercepter de nombreux ballons. Hezonja par sa dimension athlétique et sa vision de jeu. A leur côté, on retrouvera le tout jeune Anfernee Simons. Après une année d’apprentissage, le sophomore aura sa chance cette saison en tant que back-up de Damian Lillard. Dans un rôle similaire à Seth Curry, Simons aura pour ordre de shooter, shooter et encore shooter. Sa capacité à pouvoir scorer sur isolation pourrait rendre cette second unit imprévisible et dangereuse. Enfin, Tolliver viendra apporter son shoot et sa roublardise défensive sur de courtes séquences. Avec le peu de rotations intérieurs, il ne faut pas exclure Skal Labissière. L’Haitien est capable de fulgurances mais manque encore de consistance. Portland est un des endroits de choix pour cela. Demandez donc à Jusuf Nurkic.

 

Le joueur clé : Zach Collins
Trail Blazers face the Denver Nuggets in the second round of the playoffs on May 9, 2019 at the Moda Center. Bruce Ely / Trail Blazers

 

Ah, Zach. Si vous me suivez depuis un moment, vous le savez. Et si vous ne le savez pas encore, vous allez très vite le découvrir. Zach Collins est l’un de mes chouchous. Son joli minois, son degradé toujours bien soigné et d’une politesse incomparable. Mais Zach, c’est aussi une touche de rébellion, une envie de bomber le torse face à l’adversité. Un sorte de bad boy en quelque sorte. Le Moda Center aime d’ailleurs particulièrement ce genre de mauvais garçons sous ses airs tout penaud. Depuis sa draft en 2016, on attend beaucoup de Collins. Ça ne vient pas forcément de lui mais plutôt du stratagème mis en place pour l’obtenir. En effet, Neil Olshey avait échangé le 15e et 20e choix aux Kings pour récupérer le 10e. Dans le seul et unique but de sélectionner le pivot de Gonzaga. Depuis deux ans, on a vu beaucoup de flashs, d’étincelles ou d’éclairs de génies. A l’aube de sa 3e saison et avec désormais un statut de titulaire, on attend désormais que toutes ses bribes s’empilent afin d’obtenir un joueur abouti. Zach Collins a toujours semblé meilleur au côté d’un autre intérieur. Profitant de l’aspiration de son collègue pour venir combler les brèches ou contrer depuis le côté faible. De ce qu’on a pu voir en pré-saison, Zach Collins semble avoir modifier son jeu offensif pour s’accommoder du poste d’ailier-fort. Une mécanique de shoot légèrement remodelée, des spots préférentielles nouveaux (mi-distance) et un jeu encore davantage axé sur l’extérieur. Il sera intéressant de voir comment ces changements peuvent se transposer lors des matchs qui comptent. Zach Collins est l’un des rares joueurs de l’effectif à avoir passé tout son été (ou presque) dans l’Oregon pour s’entraîner. Son petit pépin physique à la cheville contracté au mois d’août dernier est derrière lui. Zach Collins sera l’un des facteurs X qui pourrait permettre à Portland, de rêver plus loin.

 

 

Une chose est certaine : Portland a privilégié l’attaque au détriment de la défense cet été. La perte de ses deux meilleures défenseurs va peut-être peser lourd dans la balance. Les Blazers ont préféré enrôler des joueurs à la fibre créative plus établie. Une donnée qui pourrait permettre à Lillard et McCollum d’être moins mis à contribution que les saisons précédentes. Avec plusieurs joueurs en contract-year, Portland tente un pari pour l’année à venir. Seul l’avenir pourra juger ou non, de sa réussite.

 

(Crédit Photo : Steve Dykes / Getty Images)

 

 

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