Preview 2018/2019 : Tourner la page des playoffs pour aller de l’avant

Voici le bilan de la saison 2018/2019 des Portland Trail Blazers. Un retour bref sur la saison dernière, une rétrospective de l’été ainsi qu’une analyse du roster. Ce papier fait office d’ouverture du training camp pour le site afin d’aborder au mieux ce nouvel exercice NBA. 

 

SAISON 2017/2018

 

L’exercice fut semblable à tous les autres, sur certains points et jusqu’à une fantastique épopée post All-Star, as always. Les Blazers marchant fort à domicile et s’imposant de temps à autre à l’extérieur, oscillant entre des périodes de victoires et de dissettes.

Puis, soudain, vint la période succédant à la traditionnelle pause du mois de février, un moment plus communément appelé dans l’Oregon : « Dame Time ». Car en effet, notre meneur a souvent pris l’habitude de se fâcher et d’augmenter le curseur de son jeu à ce moment précis de la saison. Cette fois-ci, la raison de son incandescence n’était pas un honteux boycott de sa présence au match des étoiles. Galvanisé d’être reconnu par ses pairs après deux années consécutives à regarder le week-end du ASG à la télévision, Damian Lillard rentra carrément dans la discussion au MVP au terme de la saison régulière (sans toute fois pouvoir y prétendre sérieusement). D’accoutumée individuelle, cette euphorie se traduisit cette année en une euphorie collective : Lillard a pu compter sur chacun de ses acolytes et notamment son camarade du back-court, C.J McCollum, mais également sur les joueurs du banc qui ont su faire fructifier les quelques miettes laissées à leur disposition.

Vous l’aurez compris, la saison régulière des Blazers fut extraordinaire, au-delà de toutes les espérances possibles, puisqu’auréolée d’une place sur le podium de la conférence Ouest, aux côtés des mastodontes que sont les Warriors et les Rockets.

La suite sera moins joyeuse. Une élimination au premier tour des playoffs, sur le cinglant score de 4 à 0, dans une série où les Blazers n’ont jamais été (ou presque) en mesure de jouer à armes égales face aux Pelicans d’un Anthony Davis royal.

 

LES MOUVEMENTS DE L’ÉTÉ

 

Ils sont arrivés :

  • Seth Curry (en provenance des Mavericks)
  • Nik Stauskas (en provenance des Nets )
  • Anfernee Simmons (24e choix de draft)
  • Gary Trent Jr (37e choix de draft, via un échange avec les Kings)

 

Ils sont partis :

  • Ed Davis (en partance pour les  Nets)
  • Shabazz Napier (en partance pour les Nets)
  • Pat Connaughton (en partance pour les Bucks)

 

Prolongations :

  • Jusuf Nurkic

 

Le gros dossier de l’été était le cas Jusuf Nurkic. Restricted free-agent, les Blazers gardaient la main mise sur leur pivot, à condition que le contrat reste dans la limite du raisonnable. Les équipes étant plus retentissantes à lâcher gros cet été, Portland a pu conserver son pivot pour 48 millions de dollars sur 4 ans. Une belle opération pour Neil Olshey qui ne comptait pas donner guère plus au Bosnien.

Pour le reste, c’est plus.. compliqué. Clairement, les Blazers se sont affaiblies et ont misé sur des paris pour tenter de faire oublier les joueurs partis vers d’autres cieux. L’arrivée de Seth Curry s’apparente comme la bonne affaire si son corps désire le laisser tranquille. L’aîné de la fratrie Curry devrait remplir les mêmes cases que Shabazz Napier, parti du côté de Brooklyn. Quant à Nik Stauskas, le 8e choix de la draft n’a jamais réellement trouvé sa place en NBA. Il est l’archétype du joueur dont les Blazers sont friants et dont le staff arrive toujours à leur trouver un rôle.

En ce qui concerne la draft, nos attentes étaient somme toute assez faible. Mais les dirigeants ont su encore nous surprendre en ne sélectionnant aucun ailier avec deux choix en leur possession. C’est un pari osé que les Blazers ont décidé de tenter avec le 24e pick : Anfernee Simmons. Ce nom ne vous dit peut-être et pour cause, le natif de Floride a boycotté la NCAA et a joué une année de plus dans son lycée. Son potentiel offensif semble intéressant mais l’arrière n’est cependant absolument pas prêt pour pouvoir contribuer immédiatement en NBA. Contrairement à son collègue Gary Trent Jr. Récupéré par l’intermédiaire d’un échange avec les Kings, l’arrière scoreur de Duke aura une carte à jouer au sein d’une second unit dont le visage à bien changer sur le back-court. Petite anecdote en passant : son papa a porté le jersey des Blazers pendant 3 années et aura certainement quelques conseils pour son fiston.

Comment ne pas finir cette partie en rendant un hommage mérité à un guerrier qui aura service nos couleurs pendant 4 belles années ? Ed Davis, c’est le genre de joueur que tous les fans adorent. Joueur certes limité, Ed était un bagarreur, qui se ramenait tous les soirs au stade avec la même envie et détermination. Son départ a grandement attristé la communauté. Son impact sur le jeu des Blazers n’est pas une perte majeur mais pourrait causer quelques maux de têtes à Terry Stotts.

 

LE 5 MAJEUR EN DÉBUT DE SAISON

 

Meneur : Damian Lillard

Arrière : C.J McCollum

Ailier : Moe Harkless

Ailier-fort : Al-Faruq Aminu

Pivot : Jusuf Nurkic

 

On prend les mêmes et on recommence. Le Big-Three de Portland est indétrônable, c’est une certitude. Pour ce qui est des deux postes d’ailiers, on pourrait observer une évolution au cours de la saison. Moe Harkless et Al-Faruq Aminu sont les compléments parfaits pour combler les largesses défensives du duo Lillard-McCollum et panser les limites de l’équipe dans le secteur du rebond. Avec l’arrivée de Nurkic la saison dernière, ils ne sont pas étrangers à la bonne défense entrevue l’an passée et qui a permis aux Blazers de se hisser sur le podium de la conférence Ouest. Toutefois, il ne serait pas étonnant de voir Evan Turner prendre la place d’Harkless, étant donné qu’Harkless n’a participé à aucun match de la pré-saison et que les médecins semblent avoir des difficultés à diagnostiquer sa blessure au genou.

 

LE BANC

 

Si le 5 est restait intacte ou presque, on ne peut pas en dire autant du banc de touche. Exit Napier et Davis, welcome Curry et Stauskas. Contributeurs affirmés de cette régulière auréolée d’une place sur le podium, Shabazz et Ed continuent leur road-trip NBA et quittent donc l’Oregon pour rejoindre Brooklyn. Si l’apport du premier cité pourrait être rapidement compensé voire up-gradé par la venue de Seth, on ne peut pas en dire autant de la perte de l’intérieur vétéran. C’était une des volontés affichés de Neil Olshey cet été : recruter un vétéran, si possible à l’intérieur pour entourer la jeune garde composé de Nurkic, Collins et Swanigan. Encore raté pour notre GM. A la place, c’est Nik Stauskas, dont personne ne voulait, qui débarque et ajoute un shooteur de plus dans un collectif qui n’en manquait pas.

Car oui en plus de ces deux shooteurs, la draft des Blazers s’est orientée vers le choix de deux guards alors que le management aurait pu s’orienter vers des joueurs dont le profil n’existe pas au sein du roster.

 

LES FORCES DE CE GROUPE 

 

Back-court : Ils nous l’ont encore prouvé cette saison, l’association Lillard-McCollum est l’un des meilleurs back-courts de la Ligue. C’est un fait indéniable même si on a pu en voir les limites notamment en post-season. Quand l’un n’est pas dans son assiette, son camarade prend le relais. Les deux s’échangent volontiers la partition. Puis, quand ils décident un soir d’accorder leurs violons et de jouer quelques notes ensemble, mieux vaut ne pas être l’équipe en face. Foncièrement critiqués pour leur manque d’implication défensive en 2016/2017, les deux amis ont quelque peu corrigé le tir. Certes, Dame et C.J ne deviendront jamais des pitbulls en défense (surtout le dernier nommé), mais ils effectuent désormais les minimas, les pré-requis afin que l’équipe ne soit déséquilibré et penche du mauvais côté de la balance. A n’en pas douter, le duo Lillard-McCollum marchera encore à plein régime la saison prochaine.

 

Stabilité de l’effectif : La situation financière de Portland implique forcément des difficultés à façonner l’équipe comme le désirerait Neil Olshey. Du coup, peu de mouvements sont à enregistrer. Un mal pour un bien puisque ça permet également d’avoir de la stabilité et de la continuité avec cet effectif, au contraire de nos concurrents qui ont vu leurs rosters fortement chamboulés et qui auront certainement besoin d’un temps d’adaptation avant de trouver les bon rouages. Pour Portland, il faudra profiter de cette marge de manœuvre pour commencer la saison tambour battant, pendant que les autres chercheront les meilleurs ajustements. Les nouveaux arrivants endosseront des rôles familiers : à savoir du scoring en sortie de banc pour Seth Curry et rentrer ses 3 pour Nik Stauskas. A voir si Terry Stotts accordera sa confiance aux rookies pour leur filer quelques minutes.

 

 

LES FAIBLESSES DE CE GROUPE 

 

Un secteur intérieur affaiblie : La départ d’Ed Davis non compensé vient affaiblir un secteur intérieur qui porte encore les stygmates d’un passage en tabac en règle lors des derniers playoffs. Sans oublier que Noah Vonleh nous a quitté en cours d’année et qu’il pesait malgré tout, 14 minutes par match. Les belles choses entrevues chez Zach Collins l’an passée devront s’affirmer. Son camarade de la cuvée de draft 2017 Caleb Swanigan devrait également avoir sa chance, lui dont le profil se rapproche d’un Ed Davis. Enfin, Meyers Leonard aura comme toujours une chance de prouver sa valeur en début de saison. Une énième chance pour un joueur dont on attend finalement plus grand chose.

 

Des paris pour la second unit : Seth Curry et Nik Stauskas viennent combler numériquement les départs de Shabazz Napier et Pat Connaughton. Ce sont des joueurs dont les profils comportent des similarités mais aussi des interrogations. Curry sort d’une saison blanche aux Mavs, dû à une fracture de fatigue au tibia. Nik Stauskas n’a quant à lui, jamais trouvé sa place en NBA, voguant entre les Kings, les Sixers et les Nets dernièrement. En bon petit-marché, Portland est un habitué des paris et ces prises de risques ont souvent souries à la franchise. Damian Lillard et C.J McCollum en sont deux merveilleux exemples.

 

Un patron sur les ailes : c’est une requête qui subsiste dans les petits papiers depuis des années maintenant et qui n’a malheureusement toujours pas trouvé de résolution. Les Blazers ont un cruel manque sur le poste d’ailier. Evan Turner et Moe Harkless étant de bons joueurs de compléments mais pas du calibre à vous faire franchir un cap.

 

Jeu off-ball de notre back-court :  Cet aspect spécifique du jeu peut interloquer au premier abord. Ce fut pourtant une donnée importante lors de la série de playoffs face aux Pelicans qui a en partie conduit à la déroute printanière. Incapable de pouvoir s’extirper du verrou de Jrue Holiday et des nombreuses trappes orchestrées par Alvin Gentry, Damian Lillard fut incapable d’exister balle en main. Le problème, c’est que Terry Stotts n’a pu su trouver les bons ajustements pour extraire son meneur du goulet et permettre à Lillard d’exister sans avoir à porter la balle, dans des situations de catch-and-shoot par exemple. Si C.J McCollum a su s’en sortir par sa folle capacité à pouvoir sanctionner en isolation, il ne faut pas fermer les yeux sur ce problème. La responsabilité du head-coach est engagée mais également celle du reste de l’effectif. Certains joueurs n’ont pas su élever leur niveau (on pense à Evan Turner notamment). Cette interrogation de base qui concerne un pure aspect du jeu nous amène peut-être à une réflexion plus globale : ce groupe des Blazers a-t-il atteint sa limite ?

 

MON PRONO

 

Penser que les Blazers peuvent réitérer une performance semblable à la saison dernière semble utopique. Le niveau individuel de l’effectif semble s’être affaiblie (ou n’a pas augmenté) tandis que nos concurrents directs ont prolongés leurs forces en présence (Denver ou Utah) et que de nouveaux prétendants aux playoffs font leur apparition (Lakers et Mavs)

Il faudra à tout pris éviter les blessures pour Portland, dont l’effectif n’est pas pléthorique en terme de talents.

Je nous vois à la bataille pour les spots 7/8, aux coudes à coudes avec les Nuggets ou les Pelicans pour ne citer qu’eux. La course aux playoffs promet en tout cas d’être folle.

 

BILAN :

  • 42 victoires – 40 défaites
  • 8e de la conférence Ouest

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