Souvenirs Playoffs 2019 : Fin de parcours et sortie mémorable pour Meyers Leonard

 

Aucune équipe dans l’histoire de la NBA n’a réussi l’exploit sans nom de remporter une série de playoffs après avoir été mené 3 à 0. Et bien que les plus grands fans des Blazers se disaient qu’il y a une première fois à tout, la majeure partie des fans se faisaient une raison. Se frotter à la dynastie des Warriors en playoffs reste très délicat. Pour ce match, RipCity espère surtout éviter le sweep, en remportant au moins une confrontation. Au Moda Center qui plus est, avec le public du bon côté. Ce match reste sans doute dans les têtes des fans de Portland comme le meilleur match de Meyers sous ces couleurs. Frais et dispo, motivé pour « la der des der », il se déchaînera comme il l’aura rarement été, pulvérisant la plupart de ses records en carrière.

 

Le pivot a pourtant essuyé plus d’une critique durant sa période à RipCity. Drafté la même année que Damian Lillard, vendu comme un pivot moderne capable de tirer au large, il grandit à son rythme dans l’ombre de la superstar en devenir qu’était Dame. Conservé durant de nombreuses saisons par le General Manager Neil Olshey, il survit survécu à l’implosion de l’équipe en 2015. Plus encore, il fait partie de ces joueurs signés en 2016 à prix d’or pour un rendement nettement inférieur à leur salaire. Avec très peu de minutes de jeu, un salaire pénalisant l’équipe tout entière, il devient entre autre l’un des boucs émissaires de cette équipe. Décrié par les fans les plus incisifs pour son côté « soft » et ses difficultés à s’imposer dans son jeu, il porte un chapeau sans doute très lourd à la longue. Malgré cette atmosphère délétère autour de sa personne, il ne perdra jamais de sa ferveur et de son engouement. Doté d’une gentillesse exemplaire, il est l’un des principaux joueurs de banc à célébrer les exploits de ses coéquipiers, formant ainsi une paire évidente avec Zach Collins. Souffre-douleur pour certains, mascotte officielle et très appréciée pour la plupart.

 

Sans même le savoir, Meyers Leonard va soigner sa sortie de la meilleure des manières possibles. Et on peut le sentir dès le début de match, lorsque Meyers inscrit les 4 premiers points de l’équipe. Mise en confiance communicative, demande du coach ou du joueur lui-même, qu’importe. L’équipe semble tourner pour lui : les arrières cherchent à lui délivrer le ballon, et les ailiers atténuent ses lacunes défensives. Jouant de ses mismatchs par sa taille, et de l’inconnu des défenseurs adverses face à son profil, il convertit tentatives sur tentatives, tant au large que près du cercle ou même à mi-distance. 14 points au premier quart, puis 11 points au second, cumulant ainsi 25 points à 83% au tir dont un splendide 5/6 à 3 points. Même Stephen Curry reste bouche bée qu’un tel joueur puisse lui faire face et lui rendre coup sur coup ses attaques, au point de donner une avance à son équipe. Meyers attend ainsi le dernier match de la saison pour signer de nouveaux records en carrière, notamment en nombre de points inscrits en une période. La résistance est plus tenace que prévue.

 

 

 

 

Pour continuer à donner au change, les Blazers confortent leur avance durant le 3ème quart, pourtant propriété des Warriors depuis le début de la série. Défense efficace pour un scoring acceptable (17 points d’avance), les fans sont aux anges, tantôt euphoriques, tantôt hilares. Puisant dans leurs ressources, les Warriors se donnent à fond au 4ème quart, explosant l’attaque de Portland qui connaîtra de véritables soucis pour concrétiser.  Et c’est lorsque les figures des fans commençaient à se tendre à mesure que les Warriors gagnaient du terrain, que Meyers profite d’une contre-attaque et d’une extra passe de Lillard pour claquer un dunk ravageur. Nul besoin de préciser la clameur de satisfaction qui s’est élevée au Moda Center durant la célébration rugissante du pivot. Sans se démonter, les Warriors recollent et défendent efficacement Lillard (28 points, 12 passes) en quête d’un dernier panier, en vain. Draymond Green (18 points, 11 passes, 14 rebonds), déjà partout dans cette série, se donne corps et âme dans une prolongation aux allures de dernière ligne droite. En face, Lillard est décidément à la peine et les Warriors savent bien qu’il sera celui à porter la balle en dernier. Lillard manque ses deux tentatives et la série file dans l’escarcelle de Golden State.

 

 

 

L’important est ailleurs. On retient l’abnégation de cette équipe, mais surtout ce dernier match de Meyers Leonard (30 points, 12 rebonds) sous nos couleurs. Malgré ce coup de balai, les Blazers n’ont pas démérité. Comme l’a dit Steve Kerr, coach des Warriors : « Le score ne reflète pas la physionomie de cette série : il a fallu se battre et aller chercher chacune de ces victoires ». Pas de quoi rougir face à ceux deviennent la deuxième franchise à atteindre les Finales à cinq reprises consécutives. Les Blazers peuvent être fiers : leur parcours fut exceptionnel de bout en bout, compte tenu des circonstances et des équipes affrontées. Une fin de parcours peut-être, mais une apothéose si satisfaisante pour les fans comme pour les joueurs, si prometteuse et gratifiante. Ils ont joué avec le cœur jusqu’au bout et une confiance mutuelle, telle une bande de copains.

 

(Crédit Photo : Bruce Ely / Portland Trail Blazers)

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