Souvenirs Playoffs 2019 : Réunion de famille à l’Oracle Arena

La pression est à son comble. Mais la joie mêlée d’excitation est plus forte encore. Pour la première fois de sa carrière, Damian Lillard va jouer les Finales de Conférence après deux premiers tours dantesques. Les Portland Trail Blazers, d’abord considérés comme outsiders évidents avec l’absence du pivot Jusuf Nurkic, ont séduit une grande partie des fans de balle orange en sortant de l’ombre par leurs coups d’éclats. Tous les yeux sont maintenant rivés sur cette série dans laquelle tout semble possible : les fougueux Blazers face aux Warriors expérimentés.

 

Deux premiers tours de ce calibre peuvent affecter la forme de n’importe quel joueur. Les Blazers en font les frais, et le match n’en relève que plus intensément leur fatigue générale. Car même privés de la superstar Kevin Durant, les Warriors ne font pas de quartier avec leur noyau majeur des succès passés. Draymond Green, Klay Thompson et Stephen Curry forment un trio qui a déjà fait ses preuves au point d’instaurer une dynastie redoutée de toute la NBA. Et ce match sonne comme un coup de semonce, synonyme de rappel à l’ordre pour les rares qui minimisaient leur talent.

 

La résonance en est toute autre pour Seth Curry. Une carrière dans l’ombre de son grand frère Steph, une lourde blessure au tibia en 2017 qui amputera sa saison, Seth n’a qu’une envie : faire ses preuves. Face à son frangin, champion en titre et double MVP, la confrontation n’en est que plus belle et symbolique. Après s’être déjà retrouvés au 3 Point Contest du All Star Game à Charlotte (leur ville natale), les frères Curry rêvent de pouvoir se charrier sur le terrain, et de clouer le bec de l’autre. Leurs qualités sont très similaires, et leur talent derrière l’arc n’est pas une nouveauté. Devant leur famille, qui a eu toutes les peines du monde à déterminer qui porterait quel maillot, la série se lance pour un combat au-delà d’un simple jeu.

 

Dans l’entame de match, chaque équipe se renvoie coup pour coup. Steph Curry semble dans un de ses jours d’adresse indécente qui caractérise si bien le champion qu’il est. De l’autre côté, Damian Lillard (19 points) peine un peu plus, ce qui ne l’empêche pas de marquer 2 fois à une distance « Lillardienne ». En revanche, comme pour la confrontation avec les Nuggets, les ailes de Portland sont fragiles. La défense, bien qu’intéressante, n’était pas à la hauteur du duel proposé, et face à une équipe qui se connaît par cœur, les lignes de passes et les couloirs jusqu’au panier sont multiples. Heureusement qu’Enes Kanter (10 points, 16 rebonds) parvient à s’imposer dans la peinture pour capitaliser quelques rebonds et réparer quelques erreurs en un putback, sans quoi la chute n’en aurait été que plus vertigineuse. C’est dès la fin du premier quart que les Warriors profitent d’un run de 8-0 pour garder une longueur d’avance sur Portland, et ce sur la totalité du match.

 

Le filet n’a fait que claquer dans la raquette des Blazers, tant Curry lâchait des missiles de loin. 36 points, 7 passes et 8 rebonds pour le Chef. Leader d’une équipe en phase avec elle-même, celle-ci compile 50% au tir dont un insensé 17/33. Thompson n’est pas en reste avec ses 26 points, et le reste de l’équipe n’est qu’un exemple de polyvalence. En face, les Blazers ont tenu la cadence autant que faire se peut, malgré leur manque de précision : 36% au tir dont 7/28 à 3 points. Seth Curry n’aura pas concrétisé assez de ses tentatives (seulement 1/7 au tir), mais aura néanmoins donné de sa personne pour permettre à son équipe de ne pas sombrer. Avec 2 interceptions et un contre sur Quinn Cook, le jeune meneur aura brillé par d’autres aspects de son jeu, mais trop peu malheureusement. A ses côtés, Rodney Hood et CJ McCollum auront contribué avec leurs 17 points chacun, sans succès. Mais sans le dernier quart durant lequel les Blazers auront coulé à 39-23, le score aurait été très serré. Prometteur pour la suite, tant que le mental et la motivation sont de la partie.

 

 

Dans l’ensemble, les Blazers n’ont pas à rougir de leur prestation face aux champions en titre, mais il est vrai que leur retard au scoring ne les a pas aidés à se dépêtrer de cette situation. Manque de créativité et de solutions, martyrisés dans leur jeu (21 turnovers, contrés à 8 reprises et interceptés à 13 reprises), les Blazers ont déjoués. 1-0 dans le duel des Curry.

(Crédit Photo : Bruce Ely / Portland Trail Blazers)

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