Une question pour chaque joueur : les nouveaux arrivants peuvent-ils permettre à Portland de jouer le titre ?

Cet été, Neil Olshey a fait le ménage du roster. Plusieurs joueurs aux profils bien différents de ces dernières années font leur arrivée dans l’Oregon. A noter que la plupart de ces nouvelles arrivées sont des contrats expirants ou à faible durée. Les Blazers entament donc une saison de transition. En complément de la preview de la saison, je me suis posé une question pour chaque joueur de l’effectif 2019/2020.

 

Kent Bazemore : Va-t-il retrouver l’amour du jeu dans l’Oregon ?

Au sein du projet jeune des Hawks, Kent Bazemore s’est égaré. Tant sur le plan du jeu que d’un point de vue personnel. Membre de la fameuse équipe des Hawks à plus de 60 victoires en 2016-2017, Bazemore a peu à peu perdu sa place dans la rotation. Selon The Athletic, Kent Bazemore avait fourni une liste d’équipes dans lesquelles il souhaiterait être tradé. Portland figurait tout en haut de celle-ci. Au moment de renégocier son contrat en 2016, Bazemore avait déjà suscité l’intérêt du management des Blazers. Obtenu en échange d’Evan Turner, le nouveau venu fit d’ores et déjà beaucoup mieux que Turner. Sa capacité à rentrer des tirs de loin et sa versatilité en défense vont être de précieux atouts pour Portland. Ses qualités de play-maker secondaire pourrait également être utile au sein de la second unit. D’après les dernières nouvelles, Bazemore devrait débuter dans la peau d’un 6e homme. Et pourquoi, retrouver son niveau d’antan.

 

Zach Collins : Une place dans le cinq majeur pour une explosion ?

Choisi en 10e position de la draft 2017, Zach Collins progresse petit à petit. Son rôle et son impact ne font que grandir au fil des mois. Sa dernière campagne de playoffs en est une belle preuve. Pour ce début de saison, Zach Collins est annoncé comme titulaire au poste 4. Une première pour lui et une belle preuve de confiance de la part de Terry Stotts. L’année dernière, on a pu constaté que Collins se sentait plus à l’aise en évoluant aux côtés d’un autre intérieur (majoritairement Meyers Leonard l’an dernier). Associé à Hassan Whiteside, Zach Collins pourra profiter de la présence de son coéquipier pour aider son équipe. Que ce soit pour venir en aide défensive depuis le côté faible ou pour profiter de son avantage de taille sur le poste 4 adverse. Zach Collins a l’occasion de se mettre en lumière. Les Blazers attendent en retour, un impact positif.

 

Pau Gasol : Simple mentor dans le vestiaire ou véritable impact sur le terrain ?

La venue de Pau Gasol à Portland était plutôt surprenante, dirons-nous. Alors qu’on pensait peut-être à la retraite, Pau Gasol a décidé de rempiler pour une saison supplémentaire. L’équipe va pouvoir profiter de l’expérience du joueur espagnol, deux fois champion NBA avec les Lakers. Blessé au pied depuis la fin de saison dernière, Pau Gasol n’a pris part à aucun match de pré-saison. Sa participation au premier match de saison régulière reste incertain. Même s’il est rétabli, il est peu probable qu’on voit souvent Pau Gasol sur le terrain. A moins d’une hécatombe de blessures et d’une soirée compliquée pour Whiteside et Collins, Pau Gasol sera surtout sur le banc à encourager ses coéquipiers.

 

Skal Labissière : Peut-il profiter du peu de profondeur à l’intérieur pour gratter une place dans la rotation ?

Arrivé en cours de saison dernière en échange de Caleb Swanigan, Skal Labissière n’a pas encore eu l’occasion de se montrer à Portland. Excepté lors du dernier match de saison régulière face à son ancienne équipe, Sacramento. Un match où il a d’ailleurs été très bon (29 points et 15 rebonds). Portland s’avance dans une saison où la rotation intérieur est très réduite. A l’exception des titulaires Whiteside et Collins, il ne reste derrière que le vétéran Tolliver et le futur Hall-of-Famer Pau Gasol. Les deux derniers cités ne joueront pas une tonne de minutes. Envisager l’Haïtien intégrer la rotation est une chose tout à fait plausible. Même s’il peine à confirmer depuis sa draft en 2016, le garçon est bourré de talent. Lorsque Terry Stotts fera appel à lui, Skal Labissière devra répondre présent.

 

Nassir Little : Terry Stotts fera-t-il une exception et donnera des minutes à son rookie ?

Rare ont été les joueurs à avoir du temps de jeu au cours de leur années rookie sous Terry Stotts. Il y a eu Lillard bien évidemment. Dans une moindre mesure, Collins et Simons ont pu disposer de minutes. Même CJ McCollum n’a quasiment pas joué lors de sa première année. Sortant d’une année freshman compliqué à North Carolina, Nassir Little est avant tout un profil physique. Ailier puissant et de grande taille, c’est clairement le profil dont Portland a besoin. Mais son manque de tir extérieur et son faible QI basket pourraient laisser Nassir Little à quais. A voir quelle sera la décision du coach.

 

Damian Lillard : Ce groupe peut-il lui permettre d’arriver plus frais en playoffs ?

C’est une tendance qui refait surface chaque année. Pour des raisons diverses et variés. Un manque de soutien qui permet à l’adversaire de se concentrer uniquement sur Lillard, une fatigue qui se fait ressentir en fin de saison suite à l’accumulation des matchs où Lillard doit tenir, à lui seul, la baraque Blazers. Cette fois, Dame possède autour de lui davantage de joueurs capable de créer. Que ce soit Rodney Hood, Kent Bazemore, Anfernee Simons ou Mario Hezonja. Ils ont tous, à un degré plus ou moins haut, pour eux-même ou pour autrui, la capacité de créer quelque chose. Par conséquent, Damian Lillard pourrait jouer davantage off the ball. Ainsi, il pourrait faire valoir sa qualité de tir sur des simples situations de catch-and-shoot et améliorait nettement ses pourcentages aux tirs. Chaque année, Lillard progresse dans un secteur du jeu. Cet effectif renforcé pourrait lui permettre de jouer davantage sans le ballon.

 

Mario Hezonja : Peut-il contribuer tous les soirs ?

Avec Mario Hezonja, aucun doute, le talent est bien présent. La Magic n’a jamais su employer correctement les qualités d’Hezonja. Un joueur qu’il avait pourtant drafté en 6e position de la draft 2015. L’an dernier, Mario a pu davantage s’exprimer à New-York, malgré le désordre structurel de ces Knicks. A Portland, Mario Hezonja aura l’occasion de pouvoir montrer sa valeur, au sein d’une équipe compétitive. Le Croate devrait être placé en point forward, avec la responsabilité de mener une grande partie du jeu de la second unit. Par sa taille, son athlétisme et sa vision de jeu, aucun doute sur le fait qu’il a les qualités pour assumer ce rôle. Très sûr de lui, il a parfois tendance à se laisser aller, à ne pas toujours avoir la rigueur nécessaire. Une inconsistance qui peut se voir dans son tir extérieur, dans ses choix en attaque ou sur son implication en défense. Quand il le veut, Mario Hezonja est indéniablement un très fort joueur NBA. S’il désire être respecté à sa juste valeur, il va falloir qu’il le démontre chaque soir.

 

Rodney Hood : Va-t-il s’adapter à son nouveau rôle de titulaire ?

Arrivé en cours d’année dernière à la trade deadline, l’apport de Rodney Hood fut précieux dans la belle saison des Blazers. Placé en sortie de banc, Hood pouvait se régaler à jouer en isolation et être l’une des options primaires du banc. Cette saison, Rodney Hood est pressenti comme titulaire à l’aile. Un nouveau rôle qui va différer du précédent puisqu’il sera associé à la fois à Lillard et McCollum. Hood va probablement devoir modifier son jeu en multipliant les cuts et écrans plutôt que le jeu en isolation. Il ne faut pas exclure la possibilité de voir retrouver son rôle initial au profit d’un Kent Bazemore davantage dans le shoot et peut-être plus compatible avec le back-court. En tout cas, Terry Stotts va débuter avec Rodney Hood en tant que titulaire. Il n’envisagera un changement à l’aile que si l’osmose ne prend pas.

 

Jaylen Hoard : Verra-t-on notre Frenchie cette saison ?

Depuis le départ de Nicolas Batum en 2015, on attendait secrétement ce jour où, un Français porterait à nouveau le maillot des Blazers. L’heureuse élue se nomme Jaylen Hoard. Mais prudence, l’ailier en provenance de Wake Forest, non-drafté, n’a signé qu’un two-way contract. Ce dernier lui permet de passer au maximum 45 jours avec l’équipe professionnelle. L’occasion d’apprendre, de continuer son développement et pourquoi pas, de jouer quelques minutes. L’espoir est cependant. L’autre rookie Nassir Little peu ou presque les mêmes caractéristiques physiques que Hoard. Et même Little n’est pas sur de jouer beaucoup cette saison. Malgré tout, ne boudons pas notre plaisir. C’est toujours très appréciable d’avoir un concitoyen dans son équipe fétiche.

 

CJ McCollum : Peut-il franchir l’échelon supérieur et devenir All-Star à l’Ouest ?

L’an dernier, CJ McCollum a su élevé son niveau au moment le plus opportun pour Portland, lors des playoffs. Désormais, Portland attend de son arrière de la consistance. Capable du meilleur comme du pire, d’orgies offensives comme de passages à vides abyssales, CJ McCollum souffle constamment le chaud et le froid. Son jeu, centré sur le mi-distance, contribue majoritairement à cela. L’intéressé lui-même l’a bien saisi. Il a donc bossé sur son agressivité cet été avec comme axe de travail, attaque du cercle et provocation de fautes. Ces deux éléments lui permettrait à l’avenir d’obtenir de manière plus régulière des points faciles. Enfin, Lillard a augmenté le curseur en défense l’an dernier. On est en droit d’attendre la même chose de CJ McCollum pour la saison à venir. En tout cas, une chose est sûre. Son agressivité et son envie seront déterminantes pour, peut-être, une première sélection au All-Star Game cette année.

Jusuf Nurkic : Sera-t-il suffisamment rétabli pour les playoffs ?

Son retour est annoncé pour le mois de mars. La franchise ne veut absolument prend aucun risque à propos de Jusuf Nurkic. Son intégration se fera certainement progressivement jusqu’aux joutes printanières. Malgré tout, ces quelques semaines de compétition suffiront-elles à retrouver le Jusuf Nurkic de l’an dernier. Celui qui tournait à 15 points, 10 rebonds, 3 passes en 27 minutes de moyenne l’an dernier avant sa terrible blessure. Pas certain. Pas sûr du tout même.

 

Anfernee Simons : Peut-il assumer avec régularité son rôle de back-up ?

La hype de l’été ! Quand votre General Manager dit de vous que vous êtes le joueur le plus doué qu’il ait pu recruter, il y a de quoi être flatté. La franchise croit énormément en son nouveau joyau. Après une année rookie sous couveuse, Anfernee Simons va avoir l’occasion de prouver les dires de son patron. Il va reprendre le poste laissé vacant par Seth Curry, parti à Dallas au cours de l’été. Pour ses premières véritables minutes en NBA, Simons sera astreint uniquement au scoring. Terry Stotts compte sur ses qualités de scoreur dynamique pour permettre au banc de rivaliser avec la second unit adverse. Un peu comme pour Hezonja, il faudra pour Simons essayer de produire avec régularité. Au vue de son jeune âge, il pourra se voir attribuer un mot d’excuse de temps à autre.

 

Gary Trent Jr : Une chance de le voir en cours de saison ?

On l’a encore moins vu que Simons l’an dernier. Au cours de la Summer League de Vegas, on a pu voir tout le fruit de son travail : un shoot en sortie de dribble qui pointe le bout de son nez et une folle envie de bien faire en défense. La concurrence reste forte à l’arrière et il est très peu probable de voir Gary Trent Jr, garbage time mis à part. Si Terry Stotts lui donne sa chance en cours de saison, Gary devra l’a saisir en vol.

 

Anthony Tolliver : Du shoot extérieur et du passage en force provoqué en pagaille ?

Anthony Tolliver c’est un peu comme une voiture deux chevaux. C’est pas le grand luxe mais ça fait le job. Avec Anthony Tolliver, on sait qu’on aura droit à du 3 points à gogo et de la roublardise en défense. En carrière, le globe-trotter tourne à 37% de moyenne à 3pts. Son placement défensif fera du bien dans une équipe qui a vu partir de deux de ses meilleures défenseurs. Après son passage éclair dans l’Oregon lors de la saison 2009-2010, Anthony Tolliver compte bien s’installer dans la rotation des Blazers cette année.

 

Hassan Whiteside : La culture des Blazers peut-elle bonifier Hassan Whiteside ?

Cette fameuse culture des Blazers.. Elle a permis de belles choses ces derniers années. Comme faire de Jusuf Nurkic un solide pivot titulaire en NBA. Mais avec Hassan Whiteside, cette culture se heurte à son plus grand défi. Auréolé d’un joli contrat en 2016 avec Miami,  il n’a depuis cessé de traîner des pieds. En rejoignant Portland, Hassan Whiteside sera accompagné par deux amis, Lillard et McCollum. Ces derniers seront présents pour être perpétuellement derrière son dos. Avec ses qualités de shot-blocker et de finisseur, le fit Whiteside à Portland est potentiellement dévastateur. Le sort des Blazers cette saison réside en grande partie dans les mains d’Hassan Whiteside. Une phrase qui n’engage guère à l’optimisme. Même si, par le passé, les Blazers ont su réaliser des miracles.

 

(Crédit Photo : Sam Forencich / NBAE via Getty Images)

 

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